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29 juillet 2008
SEGUELA et la Loi littoral
Notre plus médiatique communiquant découvre a ses dépens les difficultés à réaliser un projet de construction. Ses appuis, tant à droite qu’à gauche sont acquis, cependant cela ne suffit pas à passer outre des recours de tiers sur son projet CORSE. En février 2008, le tribunal administratif de Bastia ordonnait la suspension du permis déposé par Jacques Séguéla pour la construction de 568 m² habitables de bâtiments, sur une propriété de près de 2 hectares. Respectant ainsi la jurisprudence du jugement rendu dix ans auparavant au précédent propriétaire du site. En 1998, ce dernier avait en effet vu son permis accordé par la mairie, mais annulé par le Tribunal Administratif (TA) sur le fondement de l'article 146-4.I de la loi Littoral. En résumé, cette loi ancienne et en voie de réforme doit protèger nos côtes et nos lacs de toute « bétonisation » sauvage et favoriser la qualité des côtes.
J. SEGUELA devait imaginer que son entregent lui permettrait d’ouvrir largement les portes d’un futur paradis maritime. Pour l’instant c’est compromis. Les sollicitations au sommet de l’état ne suffisent pas ; la juge L. ERSTEIN, qui dans un premier temps avait logiquement bloqué le PC a, sous influence, tourné sa veste et autorisé le 17 avril la reprise des travaux. Cette décision a été suspendue par le conseil d’état vendredi dans l’attente d’un jugement sur le fond par le T.A., affaire à suivre. Indécisions à tout les étages....
Je ne m’attarderais pas ici sur les personnalités en cause ni sur la qualité du site. Cette affaire amène plusieurs remarques sur le fond. La loi littorale a trouvé a diverses reprises ses limites. Elle devait protéger nos côtes du « mitage » et c’est compréhensible. Elle devait également permettre un développement harmonieux ; ce n’est plus le cas.
Avec l’application stricte de cette loi nous n’aurions pas eu aux siècles passés à connaître des extravagances et des réalisations aussi emblématiques que la réalisation par les REINACH de la Villa KERYLOS à BEAULIEU http://www.villa-kerylos.com/fr/kerylos/ ou de la réalisation par les ROTSHILD de la Villa EPHRUSSI à St Jean CAP FERRAT et de son parc exemplaire http://www.villa-ephrussi.com/fr/ephrussi/. Aucune dérogation n’aurait également permis la construction du Château d’Abbadie à HENDAYE http://www.canalacademie.com/Visite-virtuelle-du-chateau-... . Chacune de ses réalisations aurait été « recalées ». Je pourrais en citer bien d’autres, moins emblématique et plus dans l’actualité comme par exemple la villa de la famille BRUNI-TEDESCHI à la pointe de la presqu'île du cap Nègre au LAVANDOU qui va, cet été, abriter les amours présidentiels.
Dans un autre registre, plus social nous n’aurions également pas à connaître des cabanes tchanquées du Bassin d’Arcachon http://www.bassindarcachon.com/histoire_locale.aspx?id=70... ou des chalets plus contestables de GRUISSAN http://www.ville-gruissan.fr/terroir/chalets.htm filmé avec tant de justesse par J.J.BEINEX dans 37,2°.
Les principes généraux de la loi sont bafoués sur l’autel de l’application aveugle et stricte d’un amoncellement de règlements et dispositions contradictoires ; il s’agissait d’organiser la protection de la faune, de la flore, des paysages, de l’environnement spatial et humain mais également d’apporter de la cohérence à terme à nos paysage maritime. Aujourd’hui nous avons un empilement incompréhensible de règlements et de lois (SRU/PLU/POS, SCOOT, LITTORAL) qui interdit toute forme d’initiative. L’application au coup par coup conduit en effet à une perte de cohérence et limite les projets des collectivités avec des résultats souvent à l’opposé des principes initiaux.
Reste deux variantes ; fuir ces règlements et construire dans des pays moins contraignants (je pense au développement actuel de la Croatie) ou faire fi des lois et règlements comme cet avocat Lyonnais Xavier DELSOL qui, a une encablure de la propriété de SEGUELA, a réalisé ses travaux sans autorisation considérant qu’il est bien plus délicat (et rare) d’en ordonner la démolition...Attention cependant aux vélléités des FLNC.
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27 juillet 2008
Licenciement chez Renault
Le constructeur automobile français a dévoilé le 22 juillet un plan d'économies comprenant la suppression en Europe d'environ 5.000 emplois. Pour la France le constructeur prévoit d'ajuster sa production dans l'usine normande de Sandouville, qui fabrique la Laguna, en supprimant une des deux lignes de montage, ce qui représente 1 000 postes d'ouvriers.La dégradation de l'environnement macroéconomique depuis le lancement du plan Renault Contrat 2009, dépassait "les hypothèses les plus pessimistes du plan" et C. GHOSN a évoqué le coût du baril de pétrole et la crise de l’immobilier pour conforter sa démonstration. Les résultats sont cependant en légère progression pour le 1er semestre avec une stratégie vers les pays émergents qui semble apporter les résultats grâce en particulier au low cost (DACIA). Pour l’Europe en général et la France en particulier, j’invite ce grand patron à réviser prioritairement son marketing ; dans un secteur d’abondance la pertinence de l’offre et la qualité du produit sur ce marchés sont les deux fondamentaux d’un développement réussi. L’échec commercial des nouveaux modèles en décalage avec la demande (Velsatis, Laguna3, Espace et 4X4) est cuisant. Reste la Twingo qui ne peut a elle seule remplir qu’une partie des objectifs du groupe et cela malgré la prime écologique. Il est temps de remettre en question les études prospectives, les designers…et peut être une partie de la direction qui reste peu sensible au développement de produits à énergie alternative.
Pour Sandouville la rentrée sera quelque peu morose…Ayons une pensée émue lorsque nous croiserons cet été un propriétaire de Laguna ; sauver des emplois au dépens de ses interêts mérite en effet reconnaissance.11:15 Publié dans Ni Vu Ni connu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : renault, licenciement, sandouville, ghosn
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25 juillet 2008
11 milliards d’€ = 65 000 logements
A la veille de son grand oral (précisément le 28 juillet 2008) Mme BOUTIN et son ministère commence à sortir quelques chiffres afin de préparer le terrain de la réforme. Divers points de sa conférence de presse du 10 juillet sont particulièrement intéressants et répondent en grande partie aux griefs déjà évoqué dans cette note : http://immobileimmobulle.hautetfort.com/archive/2008/06/0... Par exemple, nous venons d’être informés que les 860 sociétés d’HLM agissant sur notre territoire détiendraient, au global, une trésorerie de 11 milliards d’euros. Toute entité économique doit vivre…et prospérer. Doit-on pour autant négliger le fondement même de son activité et des missions pour satisfaire à des critères de gestion prudentielle ? Nous pourrions admettre que toute activité à caractère social, détenant a fortiori un patrimoine lourd, souhaite constituer des provisions nécessaires à l’entretien de son parc. Nous pouvons également entendre les motifs évoqués par les bailleurs sociaux sur la cherté du foncier et les difficultés de réalisation d’opérations nouvelles ; c’est le lot de tout promoteur (privé comme social) mais nous ne pouvons pas comprendre cette démobilisation récurrente devant un problème aussi crucial que le logement.
Il est patent qu’aujourd’hui le logement social souffre de nombreux maux dont trois principaux :
ü Un nombre trop important d’organismes de diverse nature économique incapable de remplir avec compétence l’objectif essentiel qui consiste à augmenter sensiblement le parc disponible. 860 offices HLM, dont 298 à caractère « privé » les ESH, (sur lesquelles le patronat a mis la main en 2003 à la faveur d'une réforme de gouvernance et sous contrôle des collecteurs du 1 % patronal).
Au final c’est 86 organismes en moyenne par département ! Il importe de donner plus de cohérence à ces structures et l’idée d’engager chaque unité dans une « convention d’utilité sociale » pourrait être une première bonne idée. Cependant un engagement sur des objectifs de réalisation ne pourra être une réelle bonne initiative que lorsque l’on aura concentré les compétences dans des structures dévolues d’une part à la gestion et l’entretien du parc existant et d’autre part au développement de programmes majeurs d’habitats sociaux par mutualisation progressive des moyens régionaux (encore une fois l’on note ici que la notion de département est périmée notamment à l’observation de départements voisins où l’un est en manque chronique de logements et de moyens et l’autre en manque de candidats à loger mais avec une trésorerie excédentaire par stabilité démographique : Rhône/Drôme).
ü Pour la sphère publique, majoritaire en nombre d’établissements (coopératives d’HLM, offices publics de l’habitat et OPAC) cela représente un « faire valoir » des personnalités politiques locales qui trouvent dans cette organisation les moyens d’asseoir habilement leurs notoriétés et de favoriser un clientélisme électoral par des attributions d’opportunités. Il est, en effet, de bon aloi de porter quelques présidences d’organismes sociaux, sans autres forme de compétence que l’âge et la place dans l’échiquier politique local. Deux en particulier favorisent directement les élus et flattent leurs égos ; les EHPAD et les HLM ; Il serait opportun de valoriser les compétences internes (elles existent) et d’établir des gouvernances régionales susceptibles d’orienter les acteurs dans le nécessaire développement du parc public.
ü Pour la sphère semi-privée le contrôle par le patronat par le biais du 1% logement est sensiblement affaibli par les derniers évènements mettant en cause le MEDEF et le flou trop longtemps entretenu sur les comptes détaillés des organismes paritaires. Etant ici précisé que les prélèvements réalisés sur le 1% patronal par l’état (0.55% de la masse) ne peuvent que défavoriser la volonté de transparence ; a trop vouloir ponctionner l’on créé les conditions d'une dissimulation opportune (là comme ailleurs). Diverses initiatives réussies militent cependant au développement du parc semi-privé ; les moyens existent, il importe de les utiliser dans l’intérêt des salariés.
Il est important de rappeler que dès 2003 Gilles de Robien souhaitait "redynamiser la chaîne du logement " au travers de trois mesures : la modification des statuts des différentes familles du mouvement HLM (OPHLM, Opac, SA d'HLM, etc.), l'installation d'une gouvernance au sein de chaque structure et la mise en place d'un conventionnement global entre l'Etat et les bailleurs sociaux devant donner aux pouvoirs publics une "feuille de route "détaillée sur la programmation de la gestion de leur patrimoine. 5 ans après le sujet reste le même ! Ne pas confondre lenteur et impéritie...
18:03 Publié dans Des chiffres dans l'actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : logement social, hlm, boutin, réforme
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Le travail des cadres
La manifestation du mercredi 23 juillet organisée à Paris par la CGC et la CGT ne pouvait que faire rire notre ministre X. Bertrand qui apprécie les sketchs ; une centaine de porte drapeaux par une belle après-midi ensoleillée, situation pathétique de syndicats dépassés . Le soir même, le Parlement a définitivement adopté le projet de loi sur "la rénovation de la démocratie sociale" et "la réforme du temps de travail". Principales conséquences pour les cadres: la remise en cause des 35 heures et la menace d'une réduction des jours de RTT... Les cadres, généralement les bons petits soldats des entreprises, savent aujourd’hui la place qu’ils occupent dans la nation aux yeux du parti au pouvoir. Dans les entreprises où il n’existe pas d’accord, la nouvelle loi a fixé à 235 le nombre maximum de jours travaillés pour les cadres. Un chiffre qui correspond à cinq jours de travail par semaine, cinq semaines de congés et un seul jour férié. Un accord d'entreprise peut prévoir un plafond supérieur à 235 jours, dans la seule limite de 282 jours par an maximum. De quoi laisser une marge de manœuvre aux dirigeants ? Certainement pour les cadres âgés fragilisés par des acquis antérieurs. Pour les plus jeunes, plus mobiles, la voie vers l’expatriation est largement ouverte. L’adage « travailler plus pour gagner plus » incite à relever le défi…au Japon, en Australie voire en Angleterre, désolé. Il aurait été plus pertinent de trouver des solutions pour augmenter le nombre de quinquas au travail…mais c’est autrement plus difficile.
14:27 Publié dans Ni Vu Ni connu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : 35h, cadre, soldat, rtt, x.bertrand
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Les mauvaises nouvelles de l’été
Le repos, la détente pour beaucoup, les voyages, les plages pour quelques uns, occupent l’esprit du plus grand nombre d’entre nous en cette période estivale. L’esprit est ailleurs, nous sommes, en partie, démobilisés par les aléas du quotidien. C’est pour cela que cette période favorise l’annonce de mauvaises nouvelles de nos politiques et des entreprises ; elles passent généralement inaperçues dans la torpeur de l’été. J’ai souhaité exercer une veille dans cette période et vous apporter au travers de cette nouvelle rubrique les informations qui pourraient être trop rapidement passées dans l’oubli. La rubrique s’appellera « Ni vu Ni connu ». Rendez vous en septembre pour faire un point plus général sur ces infos.
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23 juillet 2008
Crise de l’immobilier ou crise du financement ?
Il importe de rétablir la vérité ; l’immobilier n’est en crise qu’en raison du recul des engagements des établissements préteurs. Le marché des crédits immobiliers en France a baissé de 11% au premier semestre. Durant les six premiers mois de l’année, elles ont accordé 136 milliards d’euros de crédit pour le logement contre 142 milliards lors du premier semestre 2007. Il s’agit d’un recul significatif ; en effet 6 milliards d’euros représentent 34 000 dossiers à une valeur moyenne de 175 000€ par projets. Nous sommes au cœur du sujet ; la restriction de l'offre de prêt de la part des banques, affecte sensiblement le marché immobilier dans son ensemble. Alors que la capacité d'emprunt des ménages reste intacte sur la période, selon les statistiques récemment publiées par l’Observatoire Crédit Logement/CSA. Sur ce point il est à noter que par les récents jeu d’ajustements des prix en cours complété de la mise en place du crédit d’impôt au titre des intérêts d’emprunt, destinée à favoriser les primo accédants le nombre de candidats à l’accession augmente ; les ménages (solvables) susceptibles de se porter acquéreurs existent il suffit d’obtenir les financements !
Les opérateurs immobiliers paient cash depuis un an les erreurs des banques. Rien, en France, ne s’oppose au développement du marché immobilier si ce n’est le manque de liquidité des banques durablement plombées par les titrisations issues du subprime. Le problème prend sa source aux US. Les principales banques Françaises (mais également européennes et Suisse) ont été trompés par les agences de notation qui ont très largement sous estimé les risques des titres issus des subprimes. Les établissements américains ont, en effet, fait (re)financer en grande partie leurs risques par nos établissements européens. Nos banques doivent rétablir leurs équilibres financiers faute de disparaître définitivement. Il y a cependant une absence de transparence qui laisse supposer que les provisions pratiquées par les principaux établissements bancaires sont insuffisantes, mal appréciées ou sous estimées.Trois indices attirent notre attention ;
ü une crise de gouvernance aiguë au Crédit Agricole où son DG est directement confronté à une gestion de crise majeure avec une première provision de 5 milliards d'euros qui doit être complété de nouvelles dépréciations d'actifs au 2e semestre. Reste à connaître son montant….
ü Le second indice nous est apporté par KPMG au travers d’un récent mémoire concernant l’information financière communiquée par les principales banques européennes dans leurs rapports annuels. Il est fait état de beaucoup trop d’imprécision dans les comptes communiqués ; les règles comptables de consolidation permettent aux banques de « sortir » des risques de leur bilan, le manque de liquidité des marchés ont sensiblement accru les problématiques de valorisation, contribuant à alimenter le débat sur l’appréciation des risques en cours et à venir.
ü L’ AMF vient de diligenter une enquête sur diverses banques dont Natixis et la Société Générale afin d’apprécier les agissements en bourse de ces établissements…
Ainsi il apparaît que le problème central n’est pas dans la solvabilité des ménages mais bien plus dans le degré de capacité d’engagement des banques à répondre à la demande. Le marché ne reprendra qu’après la purge sauf intervention peu probable de l’état. Reste à apprécier la réalité des encours douteux et la durée nécessaire au rétablissement des fondamentaux.
10:26 Publié dans Crack,Crunch,bulle et autres tendances | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : immobilier, banque, financement, subprime
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08 juillet 2008
Agent immobilier : une profession en péril
En cinq ans, le nombre des agences a doublé pour cumuler à 27.000 officines. Dans toute commune un peu animée la fermeture d’un commerce de proximité entrainait invariablement ces dernières années l’ouverture d’une agence sous franchise…qui par mimétisme provoquait l’ouverture d’autres agences dans le même périmètre. Trop c’est trop. J’ai du mal à comprendre qu’une commune de 5000 habitants mérite la présence de 7 agences (5 sous enseignes nationales et 2 indépendants ; c’est du vécu).
Où sont les objectifs ? Un maillage étroit du territoire pour des enseignes en recherche de notoriété, certainement. Une marché réel et pérenne à occuper ; l’avenir nous le dira. Je peux vous confier le fond de ma pensée et vous révéler que je reste convaincu de bouleversement à court terme dans cette profession. Les principales raisons sont les suivantes :
Un métier inflationniste doit se réformer en période de récession
ü Un des principes de base du métier consiste à obtenir le mandat de vente ; ainsi sur un secteur restreint, face à une concurrence exacerbée la meilleure manière d’obtenir le mandat reste de surévaluer le bien devant un vendeur crédule et quelque peu vénal. Nous connaissons la suite ; sous le charme de propos lénifiant sur son bien le mandataire accorde sa confiance et délègue la vente. En l’absence de pacte de non agression (coutume de cette profession) la surenchère d’un confrère est possible ; à l’estimation déjà haute peut succéder une proposition haussière d’un concurrent imprudent. Ainsi de nombreux produit apparaissent, dés le départ déconnecté de la réalité par le seul effet du jeu de la concurrence entre professionnels. Nous connaissons tous les résultats de cette méthodes ; en période de surchauffe la vente peut se réaliser à brève échéance ; dans la période qui nous occupe le carnet se gonfle au dépens des vendeurs…qui perçoive la supercherie au bout de 9 à 12 mois.
ü Pour entrer quantité de mandats et offrir du choix la seconde condition est d’occuper le terrain ; ainsi chaque agence recrute une armée mexicaine de « conseillé(e)s » ayant pour mission principale de trouver le bien à vendre. Rude tache dévolue à de nombreux candidats formés rapidement aux « contacts » mais plus rarement en capacité de vendre autre chose que la qualité de l’enseigne immobilière représentée.
ü Sur un millier d'agences immobilières contrôlées par les services de la Direction de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes, 830 ne sont pas en règle. 77% d'infractions ont été relevées. Les irrégularités portent sur des cas de publicité mensongère, d'absence de carte professionnelle, de tromperie sur le nombre de mètres carrés et de manque d'information sur les prix. Quelque 190 dossiers ont d'ores et déjà été transmis à la justice. D’autres professions seraient arrêtées pour beaucoup moins !Un métier sans totale expertise
ü Les biens sont généralement évalués par comparaison ; le logement du 26 rue de la faisanderie vaut au m2 le même prix que le logement du 35 de la même rue…les pondérations sont rares et souvent subjectives ; un ascenseur, un étage, plus rarement une orientation ou une nuisance sont faiblement apprécié…approximation subjective quand tu nous tiens!
ü L’état technique d’un bien n’est révélé qu’à l’acte définitif par indigence devant l’obligation d’un DPE (diagnostic) toujours prorogé. Pourquoi s’encombrer d’un descriptif technique ? Vous viendrez t’il à l’esprit de demander les caractéristiques techniques d’un véhicules avant de signer votre bon de commande ? Diesel ou essence ? Electricité ou fuel ? Du pareil au même pour une profession qui base depuis toujours tout son schéma sur le verbal.
ü La rédaction d’une annonce laisse rêveur…Patrick TIMSIT en a fait un sketch en collant à la réalité, point besoin d’en rajouter.
ü La visite reste un grand moment de vide ; généralement le guide découvre le bien avec vous et après un passage invariable d’une minute devant les commodités (il y en a bravo !) le débriefing sur le trottoir apporte son lot d’arguments fallacieux se terminant toujours par la phrase magique « il faut faire une offre ».
Un modèle économique dépassé
ü Très longtemps annexe de la PQR (Presse Quotidienne Régionale) le métier était cadencé au travers de la parution à l’aube des petites annonces permettant la chasse aux particuliers et à la veillée par la rédaction des encarts nouveaux. Les 35 heures et internet ont modifiés ce rythme sans pour autant bouleverser le schéma ; l’annonce restant le meilleur support à ce métier.
ü Le web est à l’agence le récent média de cette activité ; ne pas produire d’annonce chez les leaders de la toile est un risque que peu d’agences acceptent. D’où la nécessité de fournir du produit nouveau pour exister. Résultat ; beaucoup trop de hâte et des photos indigentes, des textes courts, incomplets ou incompréhensibles balancés sur divers sites pour une durée de lisibilité quasi intemporelle. Vive les moteurs de recherche !
Un métier en grand danger concurrentiel
ü Personne ne semble s’étonner du montant abusif de la prestation. Tout en considérant l’effet dégressif (en fonction du montant de la vente) l’on peut considérer une prestation moyenne autour de 5%.Il s’agit d’un montant élevé qui alimente confortablement la structure, l’agent, son franchiseur et son conseillé. Il importe ici de rappeler que si l’absence d’inflation des dix dernières années à limité les hausses des biens et services, les commissions des agences indexées sur des biens immobiliers en forte croissance ont proportionnellement flambées.
ü En contrepartie d’un montant de transaction haussier l’on pourrait s’attendre à une bonification de la prestation. Il n’en est rien. Les conseils sont limités en raison notamment du manque de compétence du personnel; les principales informations se trouvent -encore une fois- sur les sites des leaders. Seule, une enseigne nationale récente a minoré le montant de ses prestations et communique sur cela ; mais nous sommes encore loin du low cost avec une prestation indigente à 4% !
ü Internet n’a pas totalement franchi les dernières étapes ; avec la crise nous devrions très rapidement trouvé des logements aux enchères sur eBay…ou tout autre site à créer ; ce jour là nous aurons franchi l’étape ultime de la vie des agences.
ü Le home staging n’a, à ce jour, que peu d’impact commercial sur notre territoire ; il est probable que ce métier pourrait utilement compléter l’action déficiente des agences. Avec un regard averti tout logement peut faire l’objet d’un relooking utile à moindre frais. Une récente visite d’expertise technique sur une villa convoitée par un ami m’a permis de porter un regard objectif sur l’intérêt de ces prestations. Devant un jardin envahi d’herbes folles et d’une terrasse couverte d’un épais tapis de feuilles séchées le diagnostic fut rapide ; la durée d’attente était criante (après interrogation de l’agent plus d’un an s’était écoulé) au dépens d’un bien de qualité en phase de dégradation (cela va très vite pour une villa inoccupée). Le fruit était mur, nous l’avons cueillis avec une offre inférieure de 15% par volonté de mon ami qui n’a pas souhaité faire attendre sa fiancée quelques semaines supplémentaires utiles à une seconde baisse.
Sans une révolution interne en termes de prestations proposées ce métier tendra à disparaître sur la pression de ces nouveaux acteurs. Cette profession s’apprête à traverser un période plutôt rude ou seuls les plus intelligents survivront. L’accélération du phénomène devrait avoir un effet sain sur le marché. L’on m’annonce confidentiellement la fermeture en cours de 80 agences sur une des principales agglomérations nationales. Ce n’est qu’un début. Il est peut être encore temps de considérer la réalité, à commencer par la FNAIM !
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