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09 mars 2009

Résidences de tourisme ; encore des ruptures de baux !

Reprise_logo.jpgDes avantages fiscaux importants.

 

Depuis plusieurs années déjà, acquérir, un appartement dans une résidence de tourisme peut  permettre de réaliser des économies d’impôt substantielles. Les spécialistes de la défiscalisation sont prêts à démontrer que les candidats investisseurs pourront bénéficier de réductions d’impôt sur le revenu allant de 20 à 40 % du prix d’acquisition. Intéressant n’est ce pas ?

Pour bénéficier de ces avantages fiscaux (bien réels), l'acquéreur est tenu d’ investir dans une Résidence de Tourisme Classée située en Zone de Revitalisation Rurale (ZRR) et louer son bien, non meublé, dans le mois qui suit la date d'acquisition ou d'achèvement, pour au moins 9 ans, à un gestionnaire unique, si possible un professionnel de résidences de tourisme.

 

Des contreparties pas toujours bien analysées


Ce montage repose sur un principe simple : dans un contexte touristique fort,  vous vous engagez à mettre à disposition votre logement aux vacanciers par le biais d’opérateurs professionnels gestionnaires de résidences (quasi) hôtelières dans laquelle vous avez réalisé votre investissement.

La France est la seconde destination touristique la plus visité en Europe et notre parc d’accueil résidentiel de mauvaise qualité et diverses zones touristiques éloignées des cités connues en sont totalement dépourvus ; cette défiscalisation permet d’en favoriser le renouvellement et d’augmenter le nombre de lits disponibles dans divers secteurs géographiques communément appelées ZRR (zone de revitalisation rurale).

 

Malheureusement les exploitants chargés par les promoteurs de prendre l’exploitation de ces résidences ne sont pas toujours de vrais professionnels du tourisme. L’on assiste à des ruptures des engagements contractuels de quelques gestionnaires devant les difficultés à remplir les résidences et à rentabiliser leurs exploitations (trop souvent saisonnières).

Des exploitants en rupture de contrats.

La pire situation est la liquidation judiciaire. Un exemple concret avec la faillite récente de TRANSMONTAGNE. Il s’agit ici d’un opérateur concentré sur les activités montagne (exploitation de remontés mécaniques et résidences de tourisme) qui n’a pu « couvrir » les loyers au motif principal d’absence chronique de neige l’hiver 2006/2007. Résultat ; plus d’un millier d’investisseurs ont été privés de revenus et ont vu leurs défiscalisations remis en question. Une catastrophe pour ces familles qui, sans naïveté, ont investit dans de prometteuses stations alpines…touchées par le réchauffement de la planète. Deux ans, avec l’abondance de neige vécue cette année, tout ceci peut paraître surprenant. Les aléas climatiques restent l’une des préoccupations majeures de ce type d’investissement.

Pour une partie de ces investisseurs le cauchemar à pris fin avec la reprise de leurs logements par EUROGROUP. Cet exploitant a relancé l’exploitation de plusieurs résidences au terme de négociations serrées de la part de ce professionnel qui a su convaincre  les propriétaires à louer leurs biens sur des bases plus raisonnables.

La principale cause est le montant des loyers offerts lors des engagements initiaux. Des loyers élevés, qui, à la moindre difficulté de gestion entrainent des impayés partiels ou totaux et des volontés de ruptures au terme de la première échéance du bail (généralement il s’agit d’un bail de 3/6/9 renouvelable au terme de 3 ans par tacite reconduction).

Ainsi a souhaiter agir ODALYS auprès des investisseurs d’une magnifique résidence rurale située au cœur du Lot. Bien mal lui en a pris car cet exploitant connu est tombé sur plus habile ; les acquéreurs et le promoteur ont engagés un recours et l’exploitant n’a pu que concilier sur la pression et la pugnacité des plaignants. Il s’agissait en l’état d’un manquement manifeste de professionnalisme de la part de cette enseigne qui, pour divers motifs, n’exploite pas le potentiel locatif de cet ensemble touristique ; tout ceci malheureusement au dépens des propriétaires.

Une nouvelle affaire occupe les médias. Une résidence de tourisme nichée dans un charmant petit village des Pyrénées a proximité des stations de ski d’Ax les thermes est atteinte, à son tour, par la démission de son gestionnaire. La société GRAND BLEU. Celle-ci, après trois ans d’exploitation, ne souhaite plus gérer cette résidence. Pour être complet GRAND BLEU  précise dans un courrier récemment adressés aux propriétaires, qu’elle veut bien consentir à continuer la gestion, si les propriétaires acceptent une diminution sensible des loyers reversés.

Nous sommes, encore une fois, face à un abandon des engagements initiaux. Les écrits n’ont plus vraiment de valeurs et les avocats trouveront là matière à plaider.

Y a-t-il des solutions ?

Il importe cependant que cette hémorragie cesse car naturellement elle provoque des drames financiers pour de nombreux petits investisseurs et surtout elle affaiblie durablement un « modèle économique » qui mérite de perdurer (il vient d’être prolongé jusqu’en 2012).

Pour cela trois modifications doit être apportées à cette loi.

1.      La mise en place d’une garantie d’exploitation cautionnée. Il appartient à la profession de provisionner les risques liés à des passages à vide dans un cycle d’exploitation de 9 années. Si, en effet, une zone de nos montagne est atteinte d’une absence de neige il est  évident que le faible taux de remplissage affaiblira les résultats économiques de l’exploitant sur la période considérée. De même, une forte sécheresse peut démotiver les touristes à fréquenter les plages du midi de la France…au profit, par exemple de la montagne en été. Nous avons vu également cela en 2004 lors de la sécheresse.

2.      Une obligation de garantie nécessitera un audit objectif préalable du site et des capacités réelles d’exploitation. Trop souvent les gestionnaires de ces résidences « apprécient » avec approximation les paramètres climatiques ainsi que les évolutions (im) prévisibles d’un secteur. En effet cette loi est sous tendue par l’implantation de ces résidences dans des zones de revitalisation rurale. Par définition la revitalisation ne peut se faire que si les élus apportent d’une part aide et soutien (logistique et financier) à l’implantation de ces résidences et si d’autre part les investisseurs acceptent, en contrepartie des avantages liés à l’importante défiscalisation de faibles loyers.

3.      Que les loyers annoncés comportent une présentation objective d’un compte d’exploitation prévisionnel d’un cabinet comptable indépendant validé conjointement par l’exploitant. En effet l’on assiste à la présentation par des « conseillés patrimoniaux » de « solutions » très souvent prometteuses où le montant élevé du loyer prévisionnel (autour de 4.5% ht/an du montant investit) couvre 80 à 90% du montant emprunté par l’investisseur. Ce schéma (attractif) est donc remis à très court terme en question en raison des réalités économiques et des aléas souvent négligées. Il est facile, pour un audit indépendant, d’étudier et d’authentifier un compte d’exploitation prévisionnel sur des bases réalistes. Les chiffres sont ténus ; pour une exploitation réduite à 6 voire 4 mois de l’année, même avec un taux d’occupation élevé il est impossible de verser en constant des loyers forts sans mettre à mal les comptes de l’exploitant.

Des pratiques occultes à proscrire ;

Les bases économiques présentées aux investisseurs masquent des sujets financiers peu orthodoxes. Ainsi il en est des « subventions d’exploitation » versées aux exploitants. Cette « dotation » leurs permettent de financer le mobilier mais également trop souvent) une partie des loyers initiaux. A cela s’ajoute les décalages des loyers versés généralement à termes échus (ce qui apporte en résumé une trésorerie positive d’une première saison). Ces « coutumes » sont scandaleuses quand l’on sait qu’elles s’opèrent par transfert d’une partie des fonds d’acquisition en dotation d’exploitation. Il est temps de mettre de l’ordre dans ces pratiques. N’en déplaise aux promoteurs opportunistes qui construisent, trop souvent, des résidences sur des sites totalement inadaptés à la captation touristique.

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Commentaires

Pour ma part, une baisse de 50% des loyers ne me paraît pas comme une diminution sensible.
En effet, c'est la proposition que le gestionnaire Grand Bleu à fait, lors de la réunion du 23 janvier 2009, a tous les co-propriétaires.

Cela ne l'empeche pas non plus de repartir actuellement sur une autre ZRR dans les hautes pyrenees. J'ai bien peur que dans 3 ans, les investisseurs de cette residence sont dans le même cas que nous ....

Ecrit par : isatis | 19 mars 2009

Nous sommes des investisseurs peu chanceux qui ont affaire à la société MADEO, exploitant notre résidence de tourisme classée 3 étoiles à Strasbourg. Cette société peu scrupuleuse est en sauvegarde judiciaire depuis 01/07/09. Elle nous devait un trimestre de loyer en 2007 et depuis le début d'année 2009 nous n'avons perçu que la moitié du 1er trimestre. Néanmoins le taux d'occupation de la résidence est plus que satisfaisant (environ 62%).
A priori ce qui va arriver sera la liquidation judiciaire, il faut être lucide. Personnellement je me pose la question de savoir si on peut "casser" cette exploitation de résidence de tourisme pour récupérer le bien car les repreneurs de gestion ne courrent pas les rues ou sont beaucoup trop gourmands profitant du fait qu'on ait le couteau sous la gorge.

Ecrit par : luscor | 16 septembre 2009

Votre commentaire m’interpelle. En effet je sens au travers de celui-ci toute la détresse qui naît avec la disparition programmée de l’exploitant.
Il faut toujours déconnecter l’investissement (le site+le produit) de son exploitation. Dans votre cas l’investissement est BON, voire EXCELLENT. Une ville dynamique, un quartier d’affaires, une connexion récente avec PARIS par TGV qui fluidifie et encourage les déplacements (et donc l’hébergement). Rien à dire, j’aurais également signé. MADEO vous lâche ; c’est maintenant qu’il va falloir faire preuve de cohérence.
La première en considérant qu’un lot détaché de l’exploitation de la résidence diminue sensiblement le devenir économique de l’outil résidentiel (copropriété) et engage également divers risques de requalification pour le vendeur ( pas seulement fiscal ; par exemple, sur le plan urbanistique il y a fort à parier que vous ne possédez pas un parking attribué dans votre lot et que le PC comportait un accord dérogatoire sur le chapitre du stationnement ; vous pouvez être contraint de régler une participation lourde à la commune pour défaut de parking en cas de vente anticipée).
Alors que faire. Règle absolue : investisseurs restez unis et parlez-vous. Je suis sidéré de voir les rats quitter le navire avec autant de désinvolture. Croyez-vous que les ventes des uns et des autres renforceront l’attractivité de l’outil vis-à-vis d’un repreneur potentiel ! Il y a, vous en faites partie, dans les investisseurs copropriétaires des « petits » épargnants fragiles mais il y a certainement dans la même résidence des gros investisseurs (loueurs meublés professionnels) prêts à reprendre des engagements à bon compte sur des vendeurs peureux ou acculés à la vente par absence de revenus réguliers. Favorisez la vie (future) du site car ici il s’agit d’un site de qualité qui souffre malheureusement d’engagement de l’exploitant sur des sites par ailleurs inexploitables.
En conclusion; oui vous pouvez vendre mais votre interêt et celui de l'acheteur doivent être convergents.C'est à l'évidence pas le cas et le prix risque de s'en ressentir sensiblement.

Ecrit par : Bil | 18 septembre 2009

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