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05 octobre 2009
FRIGGIT et ses disciples continuent de parier sur l'apocalypse
Tous ceux qui s’intéressent à l’immobilier ne peuvent ignorer les propos divinatoires des grands pessimistes. Il suffit de taper « immobilier » et « marché » ou « immobilier » et « bulle » sur son moteur de recherche préféré pour tomber invariablement sur les théories du sieur FRIGGIT.
Le pire, de mon point de vue, n’étant pas ces magnifiques courbes en couleur produites avec régularité par cet « économiste » mais plutôt ce qu’en font ses disciples. En particulier, je suis attentif aux théories du « tunnel » au point d’attendre avec perplexité depuis plus de trois ans les baisses programmées de 30 à 40% des prix (l’ écart de 10% entre l’hypothèse basse et haute est suffisamment large pour alerter sur la finesse de l’appréciation les plus candides des lecteurs…).
C'est ainsi que les pleureurs récitent haut et fort à qui veut les entendre que les prix de l'immobilier en France vont s’effondrer. Mais pourquoi, comment et surtout quand ?
Très simple. Aux yeux de ce théoricien c'est le revenu des ménages français (et lui seul) qui fait évoluer les prix de l'immobilier. Pour faire court, plus le pouvoir d'achat des ménages est élevé et plus nos compatriotes auraient la capacité à acheter cher...
Sur la période 1965 à 2000, selon ses observations, l’augmentation du prix des logements apparaît en phase avec celle des revenus. Mais depuis 2000, le prix de l’immobilier a progressivement augmenté plus vite que nos revenus, pour passer d’une moyenne de trois ans de revenus par ménage pour l’acquisition d’un logement à environ cinq ans aujourd’hui, toujours selon cet adepte des chutes abyssales programmées. Alors il suffit d’attendre la chute de la courbe…
Cette démonstration est parfaitement subjective car elle ne comporte que des paramètres constants de l’INSEE décorélés de toutes autres variables d’ajustement.
Trois observations toutes simples :
- L’on ne fait pas l’acquisition d’un bien immobilier sur fond propre ; il importe donc d’analyser la valeur du bien mais également les éléments constitutifs du crédit d’acquisition. Nous assistons actuellement une baisse des taux de crédits de 20% sur un an. Cette première variable est négligée dans la démonstration comme si depuis plus de 15 ans les taux financiers étaient constants !
- Les aides directes (flexion de la TVA dans le neuf et Prêt à Taux zéro…) et indirectes (défiscalisation sur le locatif et/ou APL …) ainsi que diverses prestation sociales ne rentrent pas dans l’appréciation des revenus fiscaux de référence ; comme s’ils n’avaient aucune incidence dans la prise de décision d’achat des ménages !
- La qualité des « immobilisations de ressources » au regard d’autres sujets d’épargne n’est pas pris en compte. Lorsqu’un placement (type plan d’épargne) apporte des revenus plus élevés que la pierre l’on observe des arbitrages en faveur de tel ou tel placements financiers ; ce sujet est totalement occulté.
A y regarder de plus près l’on constate qu’en France (je ne parle pas de l’Espagne ou des US ici) l’un des freins majeur à l’accession est surtout lié à la fragilité des situations individuelles sur la durée et le manque d’informations sur l’évolution du marché.
La récession économique et la remontée du chômage vont conforter les comportements d’autocensure» des candidats acheteurs. Par exemple « l’employabilité » est aujourd’hui fragile ; l’on peut considérer que pour tous salariés du privé la « garantie de revenus constants » est limitée de la 25éme à la 45éme année professionnelle ; ainsi prendre un crédit sur 25 ans pour des trentenaires devient malheureusement une décision anxiogène, tant pour l’acquéreur que pour le préteur, au regard des risques de licenciements induits (sans parler des risques familiaux...).
Des candidats acquéreurs qui ne sont, dans la plupart des cas, pas encore suffisamment informés de leurs resolvabilités issues du repli des taux et de la baisse des prix.
Le repli des taux est considérable sur l’année ; nous venons de descendre en dessous de 4% sur 20 ans ! A cela s’ajoute les aides dont en particulier le PTZ et le PTZ majoré (sans parler des aides spécifiques de nombreuses communes) trop souvent volontairement « ignorées » des conseillers financiers des banques.
En termes de prix, l’on peut s’accorder sur une baisse de 5 à 10 % cette année en fonction des transactions. Il s’agit d’une baisse issue de la reconstitution du stock et liée à la qualité - souvent surestimée- de nombreux biens à la vente. N’oublions pas que le prix d'un bien immobilier est fonction de la confrontation de l'offre et de la demande. A noter que l’obligation récente de produire un DPE améliore sensiblement le pouvoir de négociation pour les logements anciens.
En résumé, à ce jour, nous avons bien enregistré une baisse de 30% ; il s’agit d’une flexion composée des deux paramètres principaux que sont le montant de l’emprunt complété du montant du bien (et pas l’inverse). La période actuelle est donc favorable à l’achat car elle cumule baisse de l’immobilier et baisse des taux des crédits. Cependant les plus pessimistes continueront d’attendre l’unique flexion des prix des logements de 40%. Cette attente risque d’être longue et, si elle devait avoir lieu elle pourrait être précédée d’un taux haussier…qui n’améliorerait pas la solvabilité des accédants.
Naturellement, étant un pro, ma participation à ce sujet sera taxée de subjectivité. Toujours la vieille théorie du complot que vous retrouverez généralement dans les commentaires.
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Commentaires
Suite à la lecture de votre article et surtout de son titre, je viens d'aller voir ce sur quoi parie ce monsieur Friggit : je n'ai pas trouvé ?
De ce que j'en comprends, il se contente de faire des graphiques basés sur des données constatées issues de la base Notaire.
Où est le problème de tracer ces courbes ?
Ecrit par : Paul | 06 octobre 2009
@ Paul: j'ai mis un lien vers la courbe en question. Ma note porte plus sur l'interprétation quelque peu apocalyptique des courbes que la courbe par elle même.
Quelques exemples de propos "mal maîtrisés" :
"Cela fait maintenant près d’un an que le marché immobilier est gelé" plus objectivement l'on aurait pu écrire "Cela fait maintenant près d’un an que le marché immobilier est en retrait" car à la vérité il s'est signé 25% de moins d'actes (donc 75% du volume antérieur à fait l'objet d'une transaction avec, pour être précis, une flexion de prix de 7% en moyenne au 1er semestre 2009 / source : ordre des Notaires).
Ecrit par : Bil | 06 octobre 2009
Sans apport conséquent, issu généralement soit d'une donation soit d'un héritage, impossible pour le quidam d'acheter à Paris au prix pratiqué.
Sans compter que la moyenne d'âge aujourd'hui pour recevoir un héritage est de 56 ans...
et que la donation moyenne de son vivant entre famille est de 30Ke.
On rajoute à cela la donnée comme quoi le salaire médian à Paris est entre 27keuros et 35Keuros annuel. CQFD.
Normal que les transactions sont en chute libre avec de tels salaires et si peu d'apport au regard des prix affichés de 6000/7000 euros/m²...
Ecrit par : Immo2009 | 20 octobre 2009
@immo2009 Je suis d'accord avec vous. Seulement Paris n'est pas la France.Avec des revenus "moyens" le francilien n'est plus en mesure d'investir en accession. Faut il renoncer pour autant à la pierre? Je ne le pense pas car je connais beaucoup de Parisiens qui ont investit sur du locatif meublé intra muros ou sur des produits défiscalisants en région.UN choix qui offre de nombreux avantage dont celui de détenir un apport conséquent à la sortie des 10 premieres années. Je reviendrais sur ces possibilités dans un prochain post.
Ecrit par : Bil | 23 octobre 2009
Voici mon analyse de la situation :
Le problème majeur de l'immobilier contemporain provient de son mode de financement. Aujourd'hui le principe de l'accession à l'immobilier consiste pour beaucoup à acheter un bien de faible valeur et à le revendre afin de réaliser une marge qui permettre le financement d'un bien de valeur supérieure. Ce mode de financement en pyramide est le seul qui soit accessible à ceux qui ne disposent pas d'un important capital issu d'un héritage par exemple. Mais ce mode est actuellement grippé par à sa base du fait de la stabilité des salaires.
Par exemple : un jeune couple de 25-30 ans qui souhaite acquérir un bien se voit actuellement proposer dans les grandes villes un T2 de 40 m² à la condition de souscrire un crédit sur 25 ans. Il existe donc bel est bien un plan de financement pour ce couple, mais il ne cadre pas avec leur besoin puisque ces derniers, songeant souvent à leur premier enfant, nécessitent une pièce de plus. Quand bien même le couple choisirait ce plan de financement, il se retrouverait quelques années plus tard à devoir revendre leur T2 à un nouveau jeune couple qui serait capable de le payer un peu plus chère que le montant initial. Il est alors probable que le nouveau jeune couple n’aurait d’autre choix que d’opter pour une surface plus petite en espérant acheter un bien de 40 m² par la suite…
La première limite du mode de financement en pyramide est atteinte lorsque les acheteurs de biens se trouvant à la base du système ne trouvent plus d’intérêt à être propriétaires d’un bien qui ne correspond pas à leur besoin.
La seconde limite provient du salaire médian des acheteurs potentiels. Le salaire médian de la classe moyenne étant au alentour de 1800 euros, leur effort immobilier total peut s’évaluer à (1/3)*1800*12*40 soit 288000 euros sur 40 ans intérêts et frais de notaire compris. Ainsi, il leur faudra gagner 250000 (capital) + 150000 (intérêts) – 288000 (capacité) soit 112000 euros de bénéfices pour pouvoir espérer finir leurs vieux jours dans un bien correct. Mais qui financera les 112000 euros manquant : soit l’inflation qui fera baisser le poids du crédit, soit les nouveaux acheteurs qui payeront plus pour moins de surface et/ou un bien de moins bonne qualité. En l’absence d’inflation où d’augmentation des salaires, la première limite sera donc encore atteinte tôt ou tard.
Pour ce qui est des aides de l’état, n’oublions pas que seules les taxes, les impôts et la dette de l’état et peuvent les financer. Un petit nombre d’individu pourra certes en tirer un grand bénéfice, mais pas la majorité puisqu’il faudra bien que quelqu’un paye la facture.
Pour toutes ces raisons il me semble que le raisonnement de Friggit se tient et qu’il est possible de considérer que l’immobilier a atteint un paroxysme lié à un engouement et une désinformation des acquéreurs sur les rouages du système. Ainsi, l’être humain étant ce qu’il est, le marché ne peut que rentrer dans une phase de morosité avant de repartir un jour de plus belle. Il en va ainsi de tous les prix : les USA les ont crus indéfiniment haussier dans les années 20-30, les japonais les ont crus indéfiniment haussier dans les années 80-90, … et même le cours des tulipes a fini par chuter en 1637.
Mais peut être que les français sont plus forts que tous les autres !
Ecrit par : nietseb | 03 novembre 2009
"Très simple. Aux yeux de ce théoricien c'est le revenu des ménages français (et lui seul) qui fait évoluer les prix de l'immobilier. Pour faire court, plus le pouvoir d'achat des ménages est élevé et plus nos compatriotes auraient la capacité à acheter cher..."
C'est pourtant d'une logique imparable.
On est solvable qu'a 33% maximum du revenus du foyer, au delà c'est du pure suicide financier.
Sans compter que depuis bientôt 20ans les vrais salaires pas ceux des patrons ou sportif de haut niveau n'ont pas augmenté comme le cout RÉEL de la vie.
De plus "la crise" n'aidant pas pour les emplois sans compter les vagues de licenciement passé, présent et avenir, il faudrait être fous ou riche en mal de dépenser pour acquérir un bien immobilier surévalué de + de 40%.
Les gens comme vous n'ont pas encore compris que sans emplois et sans revenus décent donc, les gens ne dépenseront pas un centimes de plus de ce qu'ils ont.
Ce sont des gens comme vous, avide de pognons qui ne raisonnez pas les vendeurs dans leurs prix qui ne ressemblent plus a rien.
Encore ce matin je visite un appart 65m2 ou tout était a refaire a l'intérieur, bâtiment plus vieux que moi prix : 150.000e soit 1.000.000Frs !!!! Non mais ils se rendent comptent qu'il faudra pour un foyer modeste sans apport ( car c'est pas tout le monde qui peut avoir un gros apport ) près de 30ans pour rembourser ?! et encore si tout vas bien.
Enfin bref moi j'attends que cela que sa ce casse bien comme il faut la figure, cela ouvrira les yeux a certains et d'autres pleureront ils récolteront ce qu'ils ont semé.
Je conseille aux personnes qui n'ont pas vus les deux excellents documentaires ainsi que le débat sur Arte sur la crise de 29 et c'est fous comme les deux crises avec celle de 2008/2009 se ressemble sur beaucoup de points.
Bref un sage conseil, débarrassez vous de tout les crédits que vous possédez.
Ecrit par : Vince | 16 novembre 2009
C’est avec beaucoup de retard (et je souhaite votre pardon) que je réponds à vos commentaires.
@nietseb.
FRIGGIT se base, en effet, exclusivement sur les salaires. Sa démonstration est ainsi limitée car elle ne tient pas compte des autres paramètres que sont les taux des crédits, les aides directes (baisse de TVA et PTZ) ou indirectes (déduction fiscale sur IRPP).
A cela il importe de considérer les « montages » juridiques qui dissocient aujourd’hui le foncier du bâti (Pass-Foncier).
Chacune des modifications ci-dessus énoncées solvabilise (ou désolvabilise) un certain nombre d’acquéreurs potentiels. A la date où je formule cette réponse le potentiel (théorique) des accédants s’est très largement élargi par rapport aux périodes de 2008…et l’absence de décision est très souvent liée à un manque de certitude sur l’avenir et/ou à une connaissance très partielle (et parfois partiale cf. FRIGGIT) de l’ingénierie financière d’un achat immobilier.
@Vince
Vous visitez des logements en prévision d’un achat ; c’est donc le moment d’être attentif et vigilant dans une éventuelle phase de décision. Un logement de 65m2 dans de l’ancien peut valoir dans une même ville 100 K€ ou 300 K€. Son emplacement, ses qualités thermiques (ou esthétiques) les nuisances actuelles ou futures sont autant de paramètres qui influencent son prix de vente. Un conseil : avant de visiter commencez à étudier avec un conseillé financier votre capacité d’emprunt (en détaillant l’ensemble des prêts auxquels vous pouvez prétendre dont, par exemple, pour un foyer comme le vôtre le prêt à taux zéro qui a valeur de premier apport pour votre banquier…). Sachez que les critères actuels d’acceptation d’un crédit sont très proches des critères d’acceptation d’un bail locatif ; la différence est la capacité d’engagement sur une période longue qu’il faut cependant limiter à 20 /25 ans.
Ecrit par : Bil | 16 novembre 2009
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