19 mai 2008

FRENCH TOUCH

En France une forme de monopole de l’information s’est progressivement installée en matière d’architecture. Rares sont en effet les revues qui informent sur les réalisations de nos architectes nationaux. L’on est  frappé par le nombre de revues étrangères sur les rayons des libraires spécialisés qui phagocytent les rares documents et périodiques qui font état des réalisations françaises.

A regardé de plus près l’on s’aperçoit que le MONITEUR, quotidien spécialisé du bâtiment à constitué autour de lui un réel monopole de l’information dans ce domaine. Chaque année la profession attend « l’évènement » que représente la parution du hors série de Janvier qui fait état des principales réalisations passées et qui, au travers de l’équerre d’argent « classe » les œuvres les plus significatives.

2007 a vu un mouvement de rébellion se forger ; une partie des architectes ayant considérés que les choix pour l’exercice 2006 étaient contestables. Rien ne (me) permet de juger de la justesse de cette grogne. En tant que lecteur, en tant également que maître d’œuvre je reconnais cependant ne pas pouvoir me satisfaire d’un panel de réalisation aussi sélectif.

Cette grogne a eu un effet particulièrement positif puisque un collectif s’est constitué et a mis en œuvre un magnifique livre traçant ce qui, à leurs yeux, méritaient d’être connu de la production nationale récente. J’engage tous ceux qui s’intéressent à l’architecture à feuilleter et mieux encore à acheter ce premier exemplaire ; il a vocation à être renouvelé chaque année et votre soutien doit encourager l’éditeur et le collectif rédactionnel à persévérer.

Certes ce bouquin est perfectible. A commencer par sa couverture psychédélique où notre territoire (hors DOM TOM pourquoi ?) semble noyé sous des cercles concentriques quelque peu Colbertiste. L’on notera que les initiateurs sont Franciliens  et  cela se retrouve également dans leur sélection. Beaucoup trop de productions en région sont ignorées ; cela sera certainement corrigé l’année prochaine.

Pour ma part, dans les 69 réalisations présentées j’ai aimé la sobriété emblématique du commissariat de Police de St DENIS réalisé par X-TU , l’architecture végétale du groupe scolaire d’OBERNAI réalisé par DUNCAN LEWIS, la mise en valeur d’un érable au cœur d’un programme de logements collectifs urbain réalisé par KOZ et l’humilité du manifeste écologique du « Scenoparc » de RIOM réalisé par l’ATELIER 4.

J’ai regretté la qualité du reportage photographique consacré aux logements collectifs de la rue DUPATY à BORDEAUX. La réalisation de B. BHULLER méritait mieux. J’ai également regretté l’absence d’interaction exhaustive avec les sites web des agences ; il ne s’agit pas de marketing mais d’un « savoir être » d’un métier à forte concurrence européenne.

Malgré tout, un grand bravo à la « French Touch » et longue vie aux contestataires. Cet exercice devrait permette de faire comprendre que le patrimoine n’est pas qu’une notion du passé mais qu’il est également un élément vivant qui mérite attention et soutien pour le futur. http://www.lafrenchtouch.org

 

14 mai 2008

Logement et énergie

Lors d’un investissement en immobilier le vieil adage de la profession, et en particulier des Notaires était le suivant : Les 3 conditions pour réussir cette acquisition sont les suivantes; en 1 privilégier l’emplacement, en 2 favoriser l’emplacement et en 3…vérifier l’emplacement. Plus récemment, cette pensée a été modifié en considérant que la valeur d'un bien immobilier se mesurait naturellement en fonction de son emplacement, mais également  de sa surface et de son architecture.
Dans le cadre du Grenelle de l'Environnement, du protocole de KYOTO, des directives européennes  mais surtout en raison des hausses considérables de l’énergie (fuel, gaz et électricité) il faudra demain compléter par la performance énergétique.
En effet la qualité énergétique d'un logement est un élément influençant  le prix de la transaction et pourrait devenir prioritaire en raison des hausses en cours.

L’article L. 134-3 instaure l’obligation de communication du diagnostic au moment des ventes et des locations à l’acquéreur et au locataire. Il prévoit également que le diagnostic doit être tenu à la disposition de tout candidat acquéreur ou locataire qui en fait la demande au propriétaire.

Pour le neuf en VEFA il est nécessaire de porter un regard objectif sur le descriptif et plus particulièrement sur les paramètres thermiques proposés (isolation, production thermique l’hiver mais également, et surtout, refroidissement l’été en raison des montées en température constatées ces dernières années). 

Pour l’ancien il convient d’exiger le DPE (diagnostic de performance énergétique) et d’en analyser le contenu en portant un regard objectif sur les préconisation des travaux d’ améliorations (chapitre obligatoires et souvent dissimulées à la dernière page portant sur l’isolation, la ventilation, le chauffage, la production d'eau chaude et les énergies) lors d’acquisition ou de location.1120945498.gif

Locataires, aujourd’hui le coût de l'énergie progresse plus rapidement que l'augmentation des loyers. Il est conseillé de sélectionner un logement ayant une bonne performance énergétique ; n’oublions pas que la consommation directe au domicile peut représenter 30 à 50% du montant du loyer.

Acquéreurs ; Il devient nécessaire d'évaluer les travaux d'isolation et d'équipements du logement, dès la première visite, afin obtenir un juste prix dans le cadre de la performance énergétique du bien convoité.

Bailleurs. La valeur locative d'un bien immobilier sera demain directement liée à la performance énergétique du logement. L'augmentation du coût énergétique entraînera, à défaut de travaux d'amélioration, une baisse du rendement locatif et, à plus long terme, une pénalisation à la revente du logement.

Vous connaissez tous cette étiquette ; dans quelques temps elle devra figurer dans votre logement comme elle figure aujourd’hui au front des réfrigérateurs chez votre distributeur.

Reste cependant à mettre en vigueur cette loi et à l’étendre aux bâtiments publics (cela va devenir obligatoire en janvier 2008 pour les bâtiments de plus de 1000m2)...Nous allons assister à des remises en cause de nombreux baux professionnels en particulier pour les espaces de bureaux créés avant 2000 où l’image de standing d’une façade de verre avait pour corolaire l'indifférence aux coûts thermiques.

23 avril 2008

La vieille Europe c'est aussi ça

La 18e édition du MIPIM Awards a une fois de plus rendu hommage aux meilleurs projets immobiliers dans le monde. Les prix sont une véritable reconnaissance des meilleurs professionnels internationaux. Encore une fois les Pays Bas sont à l’honneur (voir précédent article sur le logement étudiant).
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Crane Track, un projet de ING, conçu par le cabinet Design Group Trude Hooykaas (OTH), a remporté cette année, le MIPIM Prix spécial du jury ainsi que le Green Building Award (prix du développement durable). Crane Track représente le summum en matière de bâtiment écologique. Le bâtiment réutilise la sous face d’une plate-forme portuaire pour grue (crane track en anglais), qui date de 1952, située sur la rivière Lj, près du chantier naval NDSM d’Amsterdam. Il s’agissait, à l’origine, d’une plateforme d’armement en béton vouée à la destruction. Sur commande, l’architecte Trude Hooykaas a greffé dessus un nouveau bâtiment à usage de bureaux modulaire. Sur le plan thermique, cette structure utilise l'eau de la rivière pour le chauffage en hiver et le refroidissement des locaux en été. La conception de l’ensemble est pensée pour d’une part n'utiliser que des matériaux recyclables à haute qualité environnementale et d'autre part permettre une éventuelle réutilisation à l’usage de logement dans l'avenir.

En France, et sauf dérogation, la loi litoral n'aurait pas permis ce type de réalisation.Nous avons une trop belle opinion de nos côtes, de nos lacs et fleuves pour nous autoriser ce type d'excentricité. Nos paysages sont parfois occupés par des vestiges industriels que notre économie chancelante ne nous permet plus de détruire...sans pour cela chercher à réhabiliter et à faire vivre ces friches.

28 mars 2008

HQE (1)

Le réchauffement de la planète, les augmentations sensibles de l’énergie engage nos politiques vers une attention plus grande au développement durable. J’ai cependant le sentiment que nos ambitions en ce domaine dépassent très largement nos capacités économiques. Dans une période ou le nombre de mal logés s’amplifie en raison notamment de l’incapacité budgétaire des acteurs sociaux à bâtir en grande quantité des logements accessibles à tous il apparaît que les travaux HQE –couteux- diminuent sensiblement le nombre de  m2 à construire. En effet, si le coût constructif d’un habitat aux normes standards vaut 100 nous avons par le biais des travaux sélectifs complémentaire à réaliser une valeur des couts travaux qui augmente de 10 à 20% en fonction des options nouvelles à mettre en œuvre. Ainsi, si un organisme social ambitionnait la réalisation de 1000m2 l’utilisation de ces techniques  réduira sa potentialité à 900 ou 800m2 soit, pour être concret, la perte irrévocable de deux à trois logements. C’est un choix.  Naturellement je connais les contre arguments généralement utilisés ; o   Mieux construire c’est construire pour la durée
o   L’investissement est plus lourd mais le coût d’entretien en sera plus faible et l’amortissement du surcoût rapidement obtenu par les économies d’usage,
o   Dernier argument (et non le moindre) la protection de la planète et le devenir des générations futures en dépend.

Le premier argument est vieux comme le monde ; il traduit simplement la volonté universelle de faire demain mieux qu’hier.

Le second argument est réel. Cependant rien ne favorise ce transfert de charge entre le poste entretien au profit du poste investissement. Cependant les investisseurs ont quelques difficultés à augmenter leurs budgets au profit d’utilisateurs faiblement motivé dans l’entretien des logements. Par ailleurs, nous n’avons pas suffisamment de recul sur diverses techniques proposées. Il existe des solutions peu coûteuses en mise en œuvre et entretien de solution économique comme la récupération des eaux de pluies; il n’en est pas de même pour l’installation de capteur solaire eu autre éoliennes. Attendons-nous à des vieillissements accélérés notamment dans les installations collectives les coûts d’entretien auront été négligé.

Sur le troisième argument il importe d’apprécier le mitage de nos campagnes. En effet, aujourd’hui, avec la volonté de fournir un pavillon à 15€ par jour nous allons voir invariablement s’étendre nos deuxièmes et troisièmes couronnes urbaines. Toujours plus éloignés des bassins d’emploi ces logements HQE auront pour corollaire d’imposer des déplacements domicile-travail toujours plus nombreux.

Il serait plus judicieux de favoriser les constructions verticales (moins énergivores), de construire à toute proximité des bassins d’emplois et d’amplifier les transports en commun…Bref, au-delà des effets d’annonce il s’agit, encore une fois, de solution hasardeuse sans réelle réflexion .