28 mars 2008

HQE (1)

Le réchauffement de la planète, les augmentations sensibles de l’énergie engage nos politiques vers une attention plus grande au développement durable. J’ai cependant le sentiment que nos ambitions en ce domaine dépassent très largement nos capacités économiques. Dans une période ou le nombre de mal logés s’amplifie en raison notamment de l’incapacité budgétaire des acteurs sociaux à bâtir en grande quantité des logements accessibles à tous il apparaît que les travaux HQE –couteux- diminuent sensiblement le nombre de  m2 à construire. En effet, si le coût constructif d’un habitat aux normes standards vaut 100 nous avons par le biais des travaux sélectifs complémentaire à réaliser une valeur des couts travaux qui augmente de 10 à 20% en fonction des options nouvelles à mettre en œuvre. Ainsi, si un organisme social ambitionnait la réalisation de 1000m2 l’utilisation de ces techniques  réduira sa potentialité à 900 ou 800m2 soit, pour être concret, la perte irrévocable de deux à trois logements. C’est un choix.  Naturellement je connais les contre arguments généralement utilisés ; o   Mieux construire c’est construire pour la durée
o   L’investissement est plus lourd mais le coût d’entretien en sera plus faible et l’amortissement du surcoût rapidement obtenu par les économies d’usage,
o   Dernier argument (et non le moindre) la protection de la planète et le devenir des générations futures en dépend.

Le premier argument est vieux comme le monde ; il traduit simplement la volonté universelle de faire demain mieux qu’hier.

Le second argument est réel. Cependant rien ne favorise ce transfert de charge entre le poste entretien au profit du poste investissement. Cependant les investisseurs ont quelques difficultés à augmenter leurs budgets au profit d’utilisateurs faiblement motivé dans l’entretien des logements. Par ailleurs, nous n’avons pas suffisamment de recul sur diverses techniques proposées. Il existe des solutions peu coûteuses en mise en œuvre et entretien de solution économique comme la récupération des eaux de pluies; il n’en est pas de même pour l’installation de capteur solaire eu autre éoliennes. Attendons-nous à des vieillissements accélérés notamment dans les installations collectives les coûts d’entretien auront été négligé.

Sur le troisième argument il importe d’apprécier le mitage de nos campagnes. En effet, aujourd’hui, avec la volonté de fournir un pavillon à 15€ par jour nous allons voir invariablement s’étendre nos deuxièmes et troisièmes couronnes urbaines. Toujours plus éloignés des bassins d’emploi ces logements HQE auront pour corollaire d’imposer des déplacements domicile-travail toujours plus nombreux.

Il serait plus judicieux de favoriser les constructions verticales (moins énergivores), de construire à toute proximité des bassins d’emplois et d’amplifier les transports en commun…Bref, au-delà des effets d’annonce il s’agit, encore une fois, de solution hasardeuse sans réelle réflexion .