14 avril 2008
Chers confrères, Bonjour et Meilleurs Vœux !
Il ya des jours ou tout va mal. Aujourd’hui c’est le cas et cette tribune me permet (également) de faire diversion en période de surchauffe et de stress. Profitez-en.
La promotion est un métier sérieux ; l’amateurisme y est banni. Les montants en jeu, d’une part, la finalité, d’autre part ne permettent pas de procéder avec légèreté. En cette période de ralentissement, de nombreux promoteurs, et pas les moindre, reculent devant leurs engagements et recherchent à se dessaisir de leurs projets les plus hasardeux. Les motifs officiels sont souvent des fausses barbes ; la réalité est plus pragmatique. Le foncier, sous promesse , a fait l’objet de sur enchères au cours des années passées (avant la crise des subprimes) et aujourd’hui, au terme de la levée des engagements et de l’obtention des permis de bâtir les opérateurs reculent devant des dossiers inflationnistes qui, en l’état, ne pourraient faire l’objet d’intérêts réels et persistants de la part des accédants.Ils cherchent à les "fourguer" à d'autres promoteurs...bref les maquignons sont de retour.
Personnellement, j’aime ces périodes. Elles permettent aux plus sérieux des opérateurs de procéder au recentrage de leurs activités sur les seuls projets de qualité (on abandonne purement et simplement les projets délicats), et révèlent les vrais pros. Elles font fuir les plus aventureux au sein des groupes structurés (les licenciements restent encore discrets mais les cadres s’inquiètent), et elles freinent la mégalomanie des promoteurs locaux ; c’est un plaisir de gourmet qui se délecte sans faim. Généralement ces faux professionnels (ou vrais amateurs) ont démarrés leurs activités dans les années glorieuses ou tout produit trouvait acquéreur. Une période ou les études de marché étaient inutiles et où les clients tapaient à la porte des bulles de vente avec une ligne de prêt préétablie. Ce n’est (enfin) plus le cas et aujourd’hui nous sommes sollicités pour réétudier des opérations d’amateurs. Soient ils éclairés. Des dossiers incomplets comportant des permis de construire de complaisance accordé par tel ou tel élu en mal de notoriété, des programmes fantaisistes quant aux typologies, aux matériaux utilisés (avec souvent des options discutables imposés par les communes en matière de développement durable), des surfaces de lots inadaptés bref des projets où les erreurs cumulées signent la négligence voir l’impéritie d’une partie de la profession. Oui les promoteurs vont souffrir. En particulier ceux qui resteront « scotchés » par des opérations fantaisistes mis en place dans l’euphorie des crédits à faible coût et qui subiront le désintérêt d’une clientèle qui, aujourd’hui, n’achète plus aveuglément, le chèque à la main (c’est une image). Chers confrères, pardonnez ces vœux tardifs mais sincères. Et n'oubliez surtout pas que "refiler le mistigri" est une figure complexe et maladroite que peu des promoteurs sérieux apprécient. C'est dans les pèriodes de crise où les caractères se révèlent.Que les meilleurs gagnent!
19:24 Publié dans Crack,Crunch,bulle et autres tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : promoteurs, panique, crise, abandon, projets



