29 décembre 2008
Le Père Noël chez Kaufman & Broad
En difficultés financières, le promoteur immobilier a conclu un accord avec le père Noël pour obtenir des facilités financieres durables avec ses principales banques. Il s’agit d’un cadeau appréciable dans le contexte actuel.
Alors que depuis plusieurs semaines, le marché s'interrogeait sur la situation financière de Kaufman et Broad, le promoteur immobilier vient d'annoncer deux informations capitales.
La première consistant à « donner » plus de lisibilité sur les comptes réels de la société avec, en particulier, un estimé plus réaliste du chiffre d’affaires 2008 qui fléchi de plus de 15%. Jusqu’à présent il était annoncé une légère flexion de 5% ce qui, compte tenu des connaissances du marché occupé par ce groupe pouvait paraître particulièrement sous estimé.
La seconde fait suite à la recapitalisation de l’entreprise par ses principaux actionnaires. En effet, compte tenu du niveau élevé d’endettement ce préalable était indispensable à une renégociation des lignes de crédits avec les banques.
Dans le détail, le protocole d'accord conclu avec les prêteurs prévoit le maintien de trois lignes de crédit de respectivement 200 millions d'euros, 201,5 millions d'euros complété de 175 millions d'euros pour la ligne de crédit revolving.
Par ailleurs, la ligne de crédit dévolue aux opérations de « croissance externe » est affecté au financement du BFR (besoins en fonds de roulement) Son montant est ramené de 80 millions à 75 millions d'euros et sa date d'échéance est ramenée au 31 décembre 2010, au lieu du 10 juillet 2014 comme prévu initialement.Ces conditions sont strictes mais permettent au groupe de retrouver les moyens de sa pérennité.
L'accord avec les banques prévoit que K&B ne pourra procéder à des distributions de dividendes au cours des exercices 2009, 2010 et 2011 et à compter de l'exercice 2012 elle ne pourra procéder à des distributions de dividendes que dans la mesure où le Ratio d'Endettement serait égal ou inférieur à 3 (compte tenu des besoins à venir, c’est pas gagné….).
Ces bonnes nouvelles ne peuvent cacher le malaise profond de ce promoteur ; ces accords trouvent leurs origines dans un plan de réduction des coûts, en particulier en sacrifiant une partie du personnel et en abandonnant la conception de nombreux projets jugés aujourd’hui trop coûteux ou faiblement rentables.
La dynamique de ce groupe est ainsi raisonablement affaiblie pour une longue période et c’est de bonne augure pour les confrères, pour le marché et les accédants potentiels. En effet, ceci permettra à un certain nombre d’opérateurs locaux de reprendre position sur des sites préalablement « négocié » par K&B à des valeurs irraisonnables.Ce promoteur a forgé sa réputation en région par une stratégie d’achat inflationniste qui, dans ces temps de crise, s’avère particulièrement inapproprié au développement du marché de l’accession. Il serait temps que les propriétaires fonciers et leurs conseils (notaires, architectes et agents immobiliers) en prennent conscience et acceptent des offres plus en conformités avec les valeurs foncières locales.
10:37 Publié dans Crack,Crunch,bulle et autres tendances | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
| Tags : k&b, kaufman and broad, kaufman et broad |
|
del.icio.us
|
06 octobre 2008
Kaufman & Broad à la porte de la faillite !
Selon le JDF (Journal des Finances) du 4 Octobre «l’arrivée à échéance de leurs lignes de crédit ou la difficulté à trouver des financements pourraient vite s’avérer problématiques » pour un certain nombre de sociétés dont K&B mais, pour une moindre mesure le Club Med et les Nouveaux Constructeurs.
Pour K&B son trop important endettement est lié au LBO et à une politique de développement agressive mis en œuvre par son Président au cours des années passées.
Touchées par le durcissement des conditions d’octroi de crédits cette société se retrouve en première ligne des victimes potentielles du crédit crunch. La situation devient critique ; les annonces de l’Elysée concernant l’aide au démarrage de programmes immobiliers nouveaux suffiront elles à « rassurer » les établissements financiers dans un contexte de survie. Des décisions majeures ont déjà été mises en place par les dirigeants ; abandon d’un certain nombre d’opérations inadaptées ainsi qu’un plan de licenciement de 166 salariés. Tout cela peut il restaurer la confiance des chefs de file bancaires dans le contexte actuel ? Rien n’est moins sûr.
C’est un pari délicat notamment en raison du temps nécessaire à la mise en place des modalités par une administration centrale quelque peu dépassée par l’ampleur de la tâche (voir posts antérieurs). Reste des prises de participation majoritaire au capital par un groupe du BTP…opération particulièrement délicate sans la réalisation d’un diagnostic précis des passifs dormants liés aux garanties décennales des ouvrages réalisés. Pour avoir participé dans un passé récent à des "auction bid" dans ce métier j’ai quelques difficultés à retenir cette éventualité (sauf pour une reprise à la casse). Rien n’est moins triste que de voir un des principaux acteurs de notre profession dans cette pèriode. Les qualités des dirigeants ne sont pas en cause, G. NAFYLIAN étant un grand stratège et son ardeur a développer son groupe n'est pas critiquable. Il a tout mon soutien moral pour les jours à venir. Je suis persuadé qu’il trouvera les moyens de la pérennité du groupe K&B France.
17:26 Publié dans Crack,Crunch,bulle et autres tendances | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note
| Tags : lbo, k&b, fonds propres, credit crunch, immobilier |
|
del.icio.us
|



