23 avril 2008
La vieille Europe c'est aussi ça

Crane Track, un projet de ING, conçu par le cabinet Design Group Trude Hooykaas (OTH), a remporté cette année, le MIPIM Prix spécial du jury ainsi que le Green Building Award (prix du développement durable). Crane Track représente le summum en matière de bâtiment écologique. Le bâtiment réutilise la sous face d’une plate-forme portuaire pour grue (crane track en anglais), qui date de 1952, située sur la rivière Lj, près du chantier naval NDSM d’Amsterdam. Il s’agissait, à l’origine, d’une plateforme d’armement en béton vouée à la destruction. Sur commande, l’architecte Trude Hooykaas a greffé dessus un nouveau bâtiment à usage de bureaux modulaire. Sur le plan thermique, cette structure utilise l'eau de la rivière pour le chauffage en hiver et le refroidissement des locaux en été. La conception de l’ensemble est pensée pour d’une part n'utiliser que des matériaux recyclables à haute qualité environnementale et d'autre part permettre une éventuelle réutilisation à l’usage de logement dans l'avenir.
En France, et sauf dérogation, la loi litoral n'aurait pas permis ce type de réalisation.Nous avons une trop belle opinion de nos côtes, de nos lacs et fleuves pour nous autoriser ce type d'excentricité. Nos paysages sont parfois occupés par des vestiges industriels que notre économie chancelante ne nous permet plus de détruire...sans pour cela chercher à réhabiliter et à faire vivre ces friches.
10:49 Publié dans Développement durable et HQE | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : innovation, hqe, bureaux, pays bas
21 avril 2008
Le logement étudiant au Pays Bas et en France
Il y quelques semaines s’est installé à proximité de mes bureaux, aux abords d’une place tranquille, à proximité du cœur urbain un couple d’étudiant et leur camping-car.
La pudeur m’oblige à utiliser le terme de camping-car pour ce qui, au final, reste une camionnette réformée par quelques entreprises. Elle a subi un réaménagement de la part de ces nouveaux propriétaires avec rideaux aux fenêtres et isolation précaire. Les roues sont bien là, le moteur aussi. Et si les distances à parcourir me paraissent relativement limitées il n’en reste pas moins que cet outil a tout d’une (mauvaise) solution au manque de logements . Ainsi vivent ces nouveaux voisins. J’assiste à leurs discrets va et vient.Tout le jeu consistant, pour eux, à se fondre dans un tissus social quelque peu hostile à ce genre de « squat ».
Ont-ils froids ? Certainement moins que sous une tente. Sans électricité les soirées sont organisées au bar du quartier ou chez des amis. Bref tout s’est relativement bien ordonné pour faire de cet outil et de ce lieu un espace employé avec courage, détachement et habileté. On en arriverait presque à oublier leurs conditions. Honte à nous et à nos élus.
Sur cette même commune j’ai été amené à créer en 2003 une résidence étudiante. Le Permis de Construire pour la réalisation de cette résidence a fait l’objet de plus de 16 mois d’instruction après divers reports. Des motifs contradictoires ont été évoqués, deux restent illustratifs des comportements de nos représentants dans une ville universitaire où il manque plus de 10 000 logements étudiants.
Il (nous) a été demandé d’augmenter sensiblement les places de stationnement. A l’arrivée le projet consistant à proposer 80 logements étudiants dans un espace aménagé en campus a été arbitrairement réduit à 60 pour, selon les élus, « éviter l’effet ghetto ». A la demande des services instructeurs le terrain multisports conçu et réservé à la vie des résidents a été amputé afin de compléter le nombre de places de parkings. En effet,de leurs points de vue, 60 étudiants représentaient ,par le jeu des amours, un minimum de 90 véhicules à terme dans cette résidence. En complément le projet a fait l’objet d’une préemption de 400m2 de foncier sur façade afin de permettre la création éventuelle d’un arrêt de bus (perspective abandonnée depuis par la commune).
Pourquoi ce rapprochement entre deux constats aussi éloignés. Parce que le dénominateur est commun et qu’en l’espèce d’autres régions de l’Europe ont apportés des solutions alternatives au logement des étudiants et que cela méritent votre attention.
Le meilleur exemple vient des Pays Bas. 1.500 étudiants sur Amsterdam sont actuellement logés dans de grandes boîtes métalliques de 2,50 mètres sur 12, conçues pour le transport de marchandises. Dans la même période, la mairie a été confrontée à une grave pénurie de logements pour étudiants. Plus de 7.000 jeunes étaient en liste d’attente. Un appel d’offres a été lancé pour des solutions bon marché, dans l’optique de cités U temporaires. Le résultat peut être contesté ; il est une solution et permet d’offrir des logements équipés à 250€ mensuels.

Voilà concrètement la différence de traitement pour le même problème. Ne vous fiez pas à cette photo froide et peu interressante ; je vous invite à visionner ce lien: http://www.youtube.com/watch?v=KjX2AidTNTk . Vous constaterez que la présence d'arbres, de plan d'eau, de lieu de vie en commun, de parking à vélos représente un complément majeur à un projet initial simplissime.
D’un côté des élus bloqués par des appréhensions électorales et des idées d’un autre temps qui refusent et retardent tout nouveau projet, préférant fermer les yeux devant le développement de logements précaires. De l’autre des responsables confrontés au même problème qui avec pragmatisme et rapidité ont mis en œuvre une solution qui, aujourd’hui, apporte une réponse concrète à un besoin grandissant.
Nous pourrions considérer qu’il s’agit de deux extrêmes et trouver, comme à l’habitude, une réponse Française empreinte d’humanisme et d'innovation architecturale et technique. Nos équipes sont compétentes et prêtes à relever le défis. Nous n’en prenons véritablement pas la voie….
16:11 Publié dans Tout faire pour ne rien faire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : logement, étudiant, pays bas, solution, prcarité, exemple



