10 septembre 2009

Votez pour des projets d’habitats innovants !

ph_g_wozoco_v.jpgIl s’agit d’une initiative québécoise particulièrement intéressante. Vous ne pourrez, hélas, pas participer directement à ce vote. Cependant je vous invite à découvrir tout l’attrait des programmes pré sélectionnés par la ville de Québec.

Première remarque ; il s’agit de réalisations européennes. Sur les 12 propositions seule une réalisation à Philadelphie, a été retenue pour représenter ce continent. La France figure timidement avec 1 projet social ; il s’agit d’une réalisation exemplaire située à PARIS, peu connue mais habile dans sa conception. L’on peut regretter la description peu détaillée des programmes. Dommage. Pour les franciliens un détour par le 19 rue des Suisses dans le 14éme vous permettra de découvrir un bâtiment posé en cœur de parcelle mélangeant bois et métal noir, aux coursives extérieures flanquées de persiennes de bois courbes ainsi que des murs pignons végétalisés. Lauréats du Pritzker cette année là (2000), l’équipe J. Herzog, P. De Meuron a reçu l'Equerre d'argent pour cette réalisation.

Pour ma part, si mon vote était accepté j’aurais privilégié la réalisation des architectes urbanistes Soeters Van Eldonk architecten pour le projet de Java Island d’Amsterdam.

Java Island n'est pas à proprement parlé un lieu très touristique, mais il s'agit cependant pour les amateurs d’urbanisme, d'une île à visiter lors d’un séjour à Amsterdam. En effet, relié par un pont au centre-ville, c'est un programme résidentiel proche de tout, constitué de plus de 1 500 logements. Une architecture de détails mis en œuvre par divers ateliers bataves qui reconstitue, en premier plan, l’élégance des façades traditionnelles de la cité dans un esprit moderne mis en valeur par les canaux.

Découvrez ces réalisations ; votre avis m’intéresse fortement je compte sur votre vote  ici.

24 juin 2009

BOUTIN et BORLOO rament. BOUTIN tombe à l’eau !

urbanisme2.jpgQue reste-t-il ? En vérité, pas grand-chose. En effet avec la disparition de Ch. BOUTIN c’est le Ministère du logement qui disparaît.

Cette entité avait vu le jour avec une idée forte de N. SARKOZY de faire de tout les Français des propriétaires. Mais la crise et le réalisme qui va avec a balayé les intentions. La crise tout le monde voit de quoi il s’agit. Pas la peine de développer. Le réalisme en revanche est un sujet plus délicat. Il s’agit avant tout d’apprécier l’absence de vision sur l’aménagement du territoire et la création, tant attendu, d’espace constructible structuré. Reprenez le rapport ATTALI ; tout est porté à la connaissance de nos politiques. En amont du problème du logement existe un problème d’infrastructure, de transport et de foncier disponible à la construction.Ce sujet est récurrent et mérite un traitement d'exception.

Ainsi apparaît la problématique urbanistique. Un sujet bien plus complexe que le logement. Lancer aujourd’hui B. APPARU, nouveau secrétaire d’état attaché à J.L. BORLOO sur ce sujet est habile. Il s’agit d’un théme  qui mérite, à l’évidence, un traitement de fond sur le moyen et long terme. Bref, un sujet suffisamment large pour ne pas entrainer de critiques sur le court terme (ne perdons pas de vue les élections à venir) et permettre à ce  ministère de trouver les moyens de briller avec des thématiques nobles loin des polémiques du quotidien.

 A contrario du logement où cette pauvre Christine a perdue, au fil de son mandat, toute combativité face à une attaque permanente et parfaitement visuelle (les tantes sur le canal de l’Ourcq, les squats à la bourse….).

L’image dicte la politique ; le développement durable est un sujet positif et l’on amplifie le phénomène. La pénurie de logements est un sujet négatif et l’on modère sensiblement son exposition.

Reste cependant les problèmes de logements et, pour encore longtemps. Attendons les mesures concrètes permettant d’améliorer l’accession du plus grand nombre . Le Ministère est mort, pas le sujet.   

 

 

 

Complément: La passation des pouvoirs en cours dans les ministères aujourd'hui génère des bons mots. Maître Eolas (mon Maître) envoie Rachida faire les soldes (la date en effet incite les sortants au shopping). Sans chercher a trop en rajouter je suggère de limiter les frais de transport et d'organiser une virée conjointe de Rachida avec en dauphine les 2 Christine (Boutin et Albanel) car les tenues manquent singulièrement de sex appeal pour ces sortantes en situation de recherche d'emplois. 

21 janvier 2009

Urbanisme : des décrets…tardifs et ubuesques

permisdemolir1.jpgNotre gouvernement est sous pression. Le parlement n’en parlons pas vous connaissez tous les derniers heurts de l’assemblée. Il faut cependant noter que les efforts pour trouver des solutions à la crise sont menés. La plupart des modifications en cours ne sont que des rattrapages à des situations kafkaïennes.

Un exemple. Si après maintes difficultés vous détenez enfin un permis de construire en bonne et due forme il importe que les travaux démarrent avant le terme de la seconde année de délivrance ; à titre dérogatoire vous pouvez éventuellement demander une prorogation d’une année si vos travaux n’ont pas démarrés dans les délais. Toutefois sachez qu’en cas de modification des règles d’urbanismes afférents à la zone concernée par votre permis de construire cette prorogation peut vous être refusée car elle n’est en aucune façon un droit acquis…rendant, éventuellement, totalement impossible la réalisation de l’opération dans les conditions initiales. Vous pouvez donc être amenés à déposer un nouveau permis de construire (coûteux)…qui subira une instruction toute aussi longue et critique que l’instruction antérieure (avec des obligations nouvelles qu’il importera de suivre scrupuleusement).

La modification à cette procédure, maintes fois demandées, est enfin obtenue.

Au terme du décret n° 2008-1353 du 19 décembre 2008, paru au Journal officiel du 20 décembre 2008, le délai de validité des permis de construire, d’aménager ou de démolir et des décisions de non-opposition à une déclaration préalable est porté à 3 ans, au lieu de 2 ans. Ainsi, tous les permis de construire actuellement en voie d’extinction voient leur durée de validité prorogée d’un an. Ouf !

Cette mesure est mise en œuvre jusqu’au 31 décembre 2010, « de façon à faciliter la reprise de l’activité de construction », selon le ministère du Logement et de la ville. Cette mesure d’assouplissement temporaire des contraintes liées au droit de l’urbanisme avait été annoncée dans le cadre du plan de relance annoncé par le président de la république Nicolas Sarkozy il y a quelques semaines. Le mot temporaire est important ; les juristes des ministères n’ont, en effet, pas souhaité que ce décret constitue une liberté nouvelle…

Reste à apprécier les éventuels effets rétroactifs. En effet, de nombreux PC ont été perdus au dernier trimestre 2008 ; l’absence d’effet rétroactif pourrait entraîner quelques déconvenues chez des confrères maladroits. Il importe de « faire vivre » son permis et conserver la relation avec l’instructeur afin d’éviter, à moyen terme, des situations illégales.

03 septembre 2008

L’affaire CLAVIER en CORSE

Où est l’origine du « scandale » ?

 

La France reste une destination privilégiée du tourisme mondial. Dans une période où nos industriels fuient le pays en raison de la cherté de la main d’œuvre cette activité devient l’une des « niches » économiques que l’on ne pourra pas enlever à nos régions et qu’il importe de soutenir. Art, culture, paysage, tout milite pour un développement du secteur touristique en général et sur nos diverses îles en particulier.

Il ne reste plus beaucoup d'endroits encore préservés du béton sur nos côtes ; la Corse est un des joyaux à développer dans le respect des particularismes locaux. 

Il va sans dire que le Plan d'aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) dont les travaux préparatoires viennent de se terminer, est sujet à controverses.
Ce plan fixe les objectifs du développement social, culturel et touristique de l'île ainsi que ceux de la préservation de son environnement. Ce plan a aussi comme objectif de "préciser les modalités d'application de la loi littoral compte tenu des objectifs et des particularités locales". L'enjeu de ce document est donc déterminant pour l'avenir de l'île.

Les orientations du projet sont claires: oui à l'économie du tourisme avec des concessions étudiées avec les élus locaux à la loi littoral (en attente d’une réforme ; voir sur ce même sujet  http://immobileimmobulle.hautetfort.com/archive/2008/07/2... ).

Les grands axes restent, à ce jour, inchangés ;

-          Absence d’utilisation de la bande des 100 mètres (souvent violée par les paillotes des locaux et autres aménagements temporaires…)

-          L’application des articles L146-1 et suivants du code de l’urbanisme sujet à diverses interprétations avec principalement des notions ambigües sur la qualité d’un site et les notions d’espaces remarquables…la jurisprudence ayant des difficultés répétitives à solutionner ce sujet.

Cliquez sur le Padduc ; ce texte est disponible sur le site de la CTC (partie objectifs et partie orientations).

Le document reste très largement dans le déclamatoire, mais c'est sans doute aussi une résultante des contraintes. Il est cependant opposable aux tiers, ce qui laisse tout loisir aux Corses d’exprimer leurs exigences avant application.

Pourquoi la villa de Ch. Clavier ?  La villa d’un personnage public, ami du Président de la République, dans un lotissement appartenant au président de l'assemblée de Corse et député UMP de Porto-Vecchio, Camille de Rocca Serra est la garantie d’une audience nationale. La cible était judicieuse. C’est réussi au-delà de toutes espérances.La photo permet d'apprécier une occupation gentillette que la presse a qualifié sans nuance d' assemblée de "révolutionnaire"....

 Le droit est il bafoué ?Ch Clavier.jpg

La propriété privée est sujet à protection. Je ne suis pas juriste mais cet élément constant semble ici faire l’objet de deux infractions ; le franchissement d’un lotissement privé et gardienné (comportant la villa de Mrs Rocca Serra et la villa de Mr Clavier)  et le franchissement à l’intérieur de ce lotissement des enceintes privées des propriétaires (sans franchissement, semble t’il à l’intérieur des habitations et sans dégradation).

Tous les jours il est fait atteinte à ce droit. Par méconnaissance, par inattention, quelquefois par indiscipline et parfois par volonté de nuire. Pour connaître (de réputation) le tempérament Corse cette visite peut sembler maladroite ; elle mérite indulgence quant on connaît les réelles capacités des autochtones à faire reconnaître par la force leurs désirs.

Vous souhaitez découvrir le visage des « révolutionnaires » ; prenez le temps de visionner l’une d’elle sur FR3 et appréciez le profil rebelle de la porte parole des opposants :  http://fr.youtube.com/watch?v=kjsBAmd56eo

Ceci ouvre diverses problématiques :

-          Quand sera-t-il fait aménagement de la loi littoral et de ces divers textes interprétatifs ? De Bretagne au Pays Basque, de Corse ou du Roussillon les procès s’accumulent et retardent un aménagement cohérent de nos côtes. Le provisoire dure, les campings et autres activités se développent dans l’indifférence des autorités sur ces territoires ; il serait temps de mettre de l’ordre dans ces textes…

-          Pourquoi M.Rocca-Serra,  Président de l'Assemblée de Corse, Député,  membre du bureau politique de l'UMP, (fils de Louis Ferdinand de ROCCA SERRA ancien Sénateur déchu par le conseil constitutionnel après condamnation et interdiction de ses droits civiques et petit fils de Camille Rocca Serra pétainiste convaincu frappé d’indignité nationale à la Libération) est-il maître d’ouvrage d’un lotissement sur la commune dont il a été l’élu direct (adjoint à la Mairie) ? N’y a-t-il pas ici conflit d’intérêt ?

-          Et enfin pourquoi les Corses s’enflamment ils contre les acheteurs de parcelles à construire ? Elles sont cédées par des vieilles familles locales généralement à des holdings Corses (les professionnels continentaux ont abandonnés ce territoire aux locaux) ; ils leurs appartiendraient de régler ce sujet en amont auprès des vendeurs ; ces derniers semblent enclins à trahir leurs causes notamment en raison de pressions locales ….et des difficultés à espérer vivre en tranquillité sur des terres objet de tractations obscures parfois sous contraintes.  

29 avril 2008

L’île Sarkozy

G. Pompidou a son musée, F. Mitterrand sa bibliothèque et accessoirement sa pyramide, J Chirac son musée de l’art primaire. Reste à connaître des intentions de N. Sarkozy ; n’en doutons pas les projets seront à la (dé)mesure de ces ambitions. Ne voyez-vous rien venir ? Boulogne Billancourt a perdu son maire…et les indécisions qui auront marquées sa mandature. En mission commandé un nouveau maire est élu à Boulogne. L’un de ses engagements ; confirmer tout le mal que notre Président de la République porte aux projets en cours sur l’île Seguin. Un mois après son élection à Boulogne, voilà ce nouvel élu à la présidence de la SAEM Val-de-Seine, société chargée des aménagements sur les ex-terrains Renault. Un mois aura suffit pour arrêter les projets et démissionner son directeur délégué J.L. Subileau avec la complicité du Président du conseil général Patrick Devedjian. Dans l’intervalle, le conseiller culturel de l’Elysée, Georges-Marc Benhamou, aujourd’hui « en réserve » annonçait que le président de la République, souhaitait transformer l’Ile Seguin en une "vallée de la culture". Projet pharaonique qui doit prendre en écharpe une partie de la Seine, englobant le parc de Saint-Cloud, l'île Seguin, l'île Monsieur, l'île Saint-Germain, le Musée de Sèvres, la Fondation Paul-Belmondo et le Musée Albert-Kahn.159768637.jpg

Pour cela c’est plus de 40 équipes d’architectes stoppés dans les projets en cours. Se côtoient en effet sur la ZAC SEGUIN les « Pritzker » Norman Foster et Jean Nouvel mais aussi Jean-Paul Viguier, Dominique Perrault, Ibos&Vitard, Rudy Riccotti, Reichen&Robert, Kees Christiaanse/KCAP, pour ne citer que les majors et laisser dans l’ombre diverses autres équipes tout aussi prometteuses. C’est également, divers maîtres d’ouvrages publics et privés, nationaux et internationaux stoppés dans leurs programmes. Tout le monde faisant silence et allégeance pour ne pas risquer la révocation sur l’acte 2.
Doit-on s’offusquer de ces décisions ?
Ces terrains offrent en effet l'opportunité d'une opération d'aménagement remarquable permettant de mettre en valeur les qualités d'une des plus belles boucles de la Seine. Les projets en cours étaient, sur de nombreux points, contestables et ceci malgré diverses concertation avec les futurs usagers. Les projets nouveaux auront eux aussi leurs lots de polémiques et de controverses.

Le  plus grave est l’image que nos décisionnaires politiques donnent à l’étranger. Je revois encore le Président de tel établissement financier Anglo-Saxon expliquer lors d’une manifestation professionnelle les difficultés qu’avaient son groupe à travailler en France notamment sur les projets franciliens ; à l’échelle de la communauté européenne la France était première au classement de l’indécision nuancée. En général, nous battons tous les records d’hésitation, d’atermoiement et de lenteur. Avec ce projet nous forçons le trait. Est-il nécessaire de rappeler ici que Renault a fermé le site en 1992, que F. Pinault a annoncé son projet en 2000, que la ZAC a vu le jour en 2003 conjointement avec l’autorisation de démolir l’usine. Le PLU, passage obligé, n’aura pris effet qu’en 2005 après la levée de recours gracieux soit 13 années pour permettre l’instruction officielle des premiers permis. Depuis, les autorisations à bâtir (il y en a peu) font l’objet de divers recours, et les études non encore abouties ont été remises cent fois à plat. Un conseil d’experts ayant dans l’intervalle émis des préconisations nouvelles et apportés sa pierre à l’édifice (c’est une image).

16 années se sont écoulées pour aujourd’hui considérer que le programme mérite transformation voire bouleversement.

Peut-on réellement en vouloir à F. Pinault d’avoir abandonné le programme conçu par Tadao Ando ? Ne pas trouver une alternative l’aurait conduit à priver un large public à découvrir des œuvres majeures. Nous connaissons la suite, Venise a donné à l’homme d’affaire, en un temps record, toutes facilités pour s’installer en ITALIE. Ici, les interlocuteurs changent au fil des mandatures….et les projets évoluent. Reste la volonté suprême du chef de l’Etat seul en capacité, comme ces prédécesseurs hier, d’imposer son projet et d’en accélérer sa réalisation. Reste pour cela 4 années, c’est court à l’échelle du programme. Ainsi va la France.